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Les randonnées

L’activité randonnée pédestre se déroule chaque mardi et jeudi après-midis, avec un groupe de sept jeunes encadrés par deux éducateurs. Cette activité existe depuis 10 ans, elle est à l’initiative de M. Vassard et reprise depuis par Laurent Torrecilla et Caroline Aberlenc le jeudi et Kevin Delande et Adeline Lannoy le mardi. Selon la saison et les opportunités, ces temps peuvent être l’occasion de sorties d’un autre genre (tennis, baignade, vélo, cueillette de châtaignes…).

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Le projet de mettre en place ce type d’activité est lié historiquement au repérage de la nécessité d’introduire une extériorité au dispositif. En effet, même si celui-ci est structuré en espaces différenciés bien repérés, qui ont eux-mêmes leur propre intérieur et extérieur, au sein d’un site très vaste, il n’en demeure pas moins que, pour tout un chacun, le site de Bentenac représente un espace délimité, un intérieur. Ainsi on peut observer des effets de cette intériorité notamment par la contenance de l’espace de l’ensemble du site alors qu’il n’est pas délimité matériellement.
Néanmoins nous faisons l’hypothèse que l’ouverture de cette scène extérieure – au-delà d’offrir une autre scène à la relation éducative – engendre une respiration qui donne du souffle et de l’oxygène à l’intériorité du site.

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Une des notions qui semble importante dans ce rapport à l’extérieur est la question du risque, de l’incertitude et de l’inconnu. C’est à partir de ce désir-là que les jeunes sont aspirés, et sur cette scène que l’on va se rencontrer au gré de nos émotions, de la difficulté de l’itinéraire, du soutien que chacun peut s’apporter et de nouveaux paysages. La notion de risque semble jouer à plusieurs niveaux. D’abord dans le fait même de sortir hors du site, hors de cet espace repéré tant en ce qui concerne le lieu que les personnes ou encore les règles qui s’y réfèrent, pour partir vers d’autres espaces inconnus.
Un autre niveau serait lié directement à l’activité, dans ce qu’elle mobilise intrinsèquement. Le rapport à l’effort avec toutes les sensations qui s’y rattachent , l’appréhension de la marche comme maîtrise d’un déséquilibre initial, la difficulté technique de l’itinéraire, le fait de ne pas avoir de représentations du parcours en dehors de ce que l’adulte peut en dire, et bien entendu l’imprévu lié à ce genre d’activité…
Nous pouvons repérer un autre point auquel vient se greffer la notion de risque ou d’immaîtrisable. Elle est reliée à la ou les personnes qui encadrent cette activité. En effet, il y a un principe de réalité auquel les jeunes sont confrontés qui est directement lié au désir des adultes qui portent l’activité ; dans le fait de définir un objectif, ou d’effectuer l’ensemble d’un itinéraire sous forme d’une boucle ou encore d’emprunter un itinéraire inconnu, il y a là un principe de réalité qui met tout un chacun dans une certaine tension que l’on est dans l’obligation de prendre en considération.
C’est cette question de la prise de risque nécessaire pour s’adapter à l’environnement qui est travaillée au travers de l’engagement de chacun dans l’activité. Cette activité éveille des sensations et des émotions qui permettent à chacun d’éprouver corporellement dans un rapport aux limites, un environnement qui se dérobe symboliquement. « Là où le sens fait défaut les sens prennent le relais » (David Le breton, « Eloge de la marche »).
C’est dans la sécurité et la confiance de la relation que chacun pourra s’engager et prendre le risque d’affronter l’inévitable jeu qu’il y a entre le monde des représentations et ce qui surgit dans la réalité que l’on ne maîtrise pas. C’est dans cet écart que vont pouvoir se rejouer les émotions rattachées à l’histoire de chacun. Comme de ne pas se sentir soutenu dans l’existence, de supporter ou pas d’être relié à un autre voire d’en être dépendant, d’exprimer ou pas la force qui est en soi pour dépasser ses difficultés…Un des aspects qu’il semble intéressant de pointer dans le rapport à ce genre d’activité, à cette réalité extérieure, est que le sujet trouve à extérioriser et objectiver des peurs qui lorsqu’il est renvoyé à lui-même l’envahissent de l’intérieur.
Comment supporter cet écart, prendre du plaisir lorsque l’on parvient à dépasser ses peurs, tel est le chemin que nous parcourons dans la perspective d’une plus grande connaissance de soi et d’une responsabilité quant à ses difficultés.
Un autre aspect lié à la forme que prend cette activité et qui diffère de ce qui se passe sur le site est que cette activité se vit en groupe. Non pas que cela fasse colle et que chacun soit réduit à une entité commune mais nous avons un but commun. Certes les rythmes sont différents, les problématiques plus que diverses, les compétences motrices hétérogènes mais chacun doit prendre la mesure de l’autre ; du moins, si cela ne se fait pas, c’est à ceux qui sont responsables de veiller à cette dynamique. Ce qui a des effets tout à fait intéressants en termes de soutien, d’encouragement, de rencontre, de compréhension, d’étonnement… Ce temps de la randonnée semble s’inscrire dans un autre temps que celui du site. Il semble que l’on ait le temps de prendre la mesure des uns et des autres, d’être dans des échanges qui permettent à chacun de créer d’autres représentations de soi et de l’autre. Un dernier aspect qui semble important est la possibilité de se montrer « autrement », sur une autre scène que celle du travail, et donc d’être accepté et reconnu autrement par les autres.