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Les camps

Ils se déroulent au mois de février et de juillet, sur une durée de quatre jours, l’un se fait autour de l’activité ski, le second se déroule autour d’activités de pleine nature. Nous sommes un groupe comprenant maximum six jeunes encadrés par deux adultes. Habituellement, nous louons un gîte, bien qu’il soit arrivé, sur des projets particuliers, que nous dormions sous tente.

 

L’objet du camp, au-delà de ce que nous faisons en terme d’activités (initiation ski, pêche, randonnée, etc), vient s’inscrire dans plusieurs dimensions, à savoir celles de vivre une aventure collective sur un rythme de vacances à l’extérieur, intimement reliée au fait de se dépasser dans des activités souvent nouvelles pour les jeunes. L’enjeu est de pouvoir tisser des relations avec certains jeunes en dehors de l’environnement habituel, très imprégné par la notion de travail, de faire et « d’injonction ». Pouvoir, dans un cadre différent « vivre ensemble » quelques jours dans un quotidien : confection et partage des repas, des soirées, les trajets, la manière de s’installer dans le gîte, le maillage du collectif, etc. Le camp permet souvent de dynamiser certains accompagnements, de tisser des relations de confiance, de se montrer et se regarder sous un autre jour. Il y a l’avant camp, tout le temps de préparation, de projet, de préparation où le groupe se crée ; cette notion de groupe constitué est à souligner dans le sens où l’accueil au SAT étant séquentiel, l’aspect « petit collectif » est peu présent ; ainsi que l’aspect « vie quotidienne » car l’accueil au SAT se fait uniquement sur des temps de journée.

 

Les camps nécessitent un important accordage des adultes ensemble, sachant qu’il n’y a pas de caractère obligatoire, la faisabilité d’un camp tient à l’envie des adultes de vivre entre eux et avec les jeunes une temporalité différente de l’habituel quotidien. Cet accordage permettra de constituer un socle solide de sécurité pour des jeunes qui ne sont parfois jamais partis en groupe. Le fait de transporter à l’extérieur « l’institution » ne peut passer que par un travail d’accordage des adultes, sans quoi le camp peut être décontenant. Le lieu où nous partons a aussi toute son importance, le besoin d’être isolé, de limiter les interactions (gîtes de groupe, camping, etc), d’avoir suffisamment d’espace pour respecter l’intimité de chacun, de genrer/différencier les espaces (filles/garçons), de se sentir en sécurité (nature).

 

Le travail de préparation du camp est essentiel : les éducateurs donnent aux jeunes « un emploi du temps » de ce que nous allons faire ; un lien avec les familles, les familles d’accueil et les institutions se tisse concernant les traitements, le trousseau, le contenu des journées, le lieu de l’aventure, etc. Ces échanges viendront nourrir un lien de confiance sans lequel il n’est pas possible de tenter cette aventure. Car souvent, les jeunes avec qui nous partons sont peu partis dans des cadres similaires, les enjeux de séparation, les peurs sont souvent des questions avec lesquelles il va falloir travailler et qui vont faire leur chemin.

 

Il est important de revenir sur la notion d’extérieur, présente aussi sur l’activité randonnée qui nécessite une vigilance soutenue des adultes, avec une attention particulière pour le cadre construit et nécessaire pour vivre ensemble pendant quatre jours. L’adhésion du jeune est nécessaire pour partir, nous lui donnons un maximum de représentations de ce qu’il pourra vivre, cela permet de border au mieux son angoisse et ainsi de se mettre d’accord sur les conditions nécessaires au bon déroulement du camp. Aussi, l’adhésion et la confiance des familles et des partenaires sont essentielles, sans ces pré requis, nous ne pourrions tenter cette expérience. Nous sommes attentifs à ce que chacun puisse trouver sa place, selon son rythme, ses peurs, ses qualités et ses compétences. Nous restons en lien téléphonique avec le SAT et les familles si nécessaire.

 

Au retour des camps naissent de beaux souvenirs, des relations nouvelles et une confiance renforcée. Le travail consiste à se regarder autrement, à travailler des axes éducatifs différents et ainsi à enrichir l’accompagnement éducatif des jeunes et l’histoire que nous avons avec eux. Pour les jeunes, le vivre ensemble permet qu’ils tissent entre eux des liens forts dans un cadre se rapprochant de « la colonie », qu’ils puissent prendre la mesure des uns et des autres, prendre des initiatives qui vont nourrir les liens et renforcer leur inscription dans le groupe (proposer la confection d’un plat, s’entraider, se soutenir, partager la chambre, etc). Les camps permettent de puiser dans un vivre ensemble des ressources que nous n’aurions pas pu voir émerger dans le cadre plus classique de l’institution.

 

Au retour, en général, nous partageons ce qui s’est vécu via des tirages de photographies, des écrits et nous rendons compte en réunion  d’équipe des moments importants (inattendus, difficiles, surprenants, etc).